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L’usage de kétamine au volant bientôt punissable

Actualités - Auto - 12/05/2026
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Auteur(s) 
Luc Sanders


La kétamine est une drogue très répandue, avec un impact négatif considérable sur la conduite. Bien qu’il ne soit pas encore possible de la détecter spécifiquement par un test salivaire dans notre pays, elle est déjà présente dans 6 % des échantillons de drogues lors d’analyses en laboratoire. Mais la consommation de kétamine au volant n’est pas encore officiellement interdite. Cela va changer puisqu’un amendement de loi sera adopté au Parlement pour que la consommation de kétamine au volant devienne punissable. Vias plaide pour une adaptation rapide des tests salivaires afin que la police puisse rapidement les utiliser sur le terrain.

La consommation de kétamine devient un délit routier

Le Parlement de notre pays vote un amendement législatif visant à inscrire la kétamine sur la liste des substances dont l’usage au volant est interdit. Cette modification du Code de la Route permettra désormais de disposer d’une base légale pour sanctionner les conducteurs qui en consomment. Jusqu’à présent, la police devait toujours se fonder sur des signes extérieurs et « l’état d’ivresse » pour retirer le permis des conducteurs qui consommaient cette drogue.

Vias appelle à l’achat de tests salivaires spécifiques 

L’institut Vias se réjouit que la kétamine soit explicitement ajoutée à la liste des substances interdites, mais appelle parallèlement à mettre tout en œuvre pour acquérir rapidement des tests salivaires capables de détecter cette substance. Les tests actuellement utilisés dans notre pays ne permettent pas de détecter la kétamine. Il existe toutefois, à l’échelle internationale, des tests salivaires validés qui le permettent. En les achetant, la police pourra se mettre au travail sur le terrain dès que possible afin d’appliquer la nouvelle législation et de sanctionner les conducteurs sous l’influence de la kétamine.

6 % des échantillons positifs contiennent déjà de la kétamine.

Si la consommation de kétamine n’est pas détectable par les tests salivaires actuels, l’INCC peut quand même vérifier, lors de l’analyse en laboratoire d’échantillons salivaires positifs à une autre drogue, s’il y a des traces de kétamine. Et les données de 2025 montrent que de la kétamine était déjà présente dans 6 % de ces échantillons. Mais il s’agit seulement d’échantillons dans lesquels d’autres drogues avaient déjà été trouvées. Le problème de la kétamine au volant est donc bien plus important encore. Ainsi, une étude récente menée par l’Université d’Anvers et Sciensano, qui a analysé les eaux usées, a révélé une forte augmentation de la consommation de kétamine dans tout le pays par rapport à il y a 5 ans.

La kétamine a un impact considérable sur les capacités de conduite

La kétamine appartient à la même famille que le protoxyde d’azote. Ce type de substances perturbe le fonctionnement du cerveau et il est particulièrement dangereux de conduire sous l’influence de la kétamine. Des études montrent que même à des doses modérées, son impact sur la capacité de conduite est considérable. Les personnes sous l’influence de la kétamine présentent des signes extérieurs similaires à ceux d’une personne ivre. 

Souvent, elles ne parviennent plus à s’exprimer clairement, ont du mal à tenir debout et à coordonner leurs mouvements. En raison d’un temps de réaction plus long, le risque d’accident est évidemment plus élevé. À des doses plus importantes, des hallucinations peuvent même survenir et l’utilisateur peut avoir l’impression de « se fondre dans l’environnement », ce qui peut être très angoissant. 

La kétamine est également addictive. Une consommation régulière peut entraîner des troubles de la mémoire qui peuvent persister pendant des mois après l’arrêt. Sur le plan physique, une conséquence très courante d’une consommation fréquente de kétamine est une grave atteinte de la vessie qui peut entraîner une incontinence.

La kétamine : d un analgésique à une drogue récréative très prisée

À l’origine, la kétamine est un médicament important utilisé pour l’anesthésie et le soulagement de la douleur lors d’interventions médicales. Il est par exemple possible qu’un médecin injecte de la kétamine à un patient qui se casse la jambe et doit être transféré sur une civière. Dans un tel contexte, la kétamine est un outil essentiel dans l’arsenal du médecin urgentiste. Ces dernières années, la kétamine a toutefois gagné en popularité en tant que drogue. 

Le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, explique également pourquoi la loi est adoptée à son initiative : « La conduite sous l’influence de l’alcool, de drogues ou de médicaments constitue un danger pour la sécurité routière et provoque chaque année des victimes. Les chiffres montrent une augmentation de l’usage de la kétamine. Nous travaillons sur cette évolution d’autant plus inquiétante, qu’actuellement cette substance ne peut pas être détectée à l’aide des tests salivaires existants. Seules des analyses en laboratoire permettent aujourd’hui d’en établir la présence.

Nous légiférons donc pour inscrire la kétamine sur la liste des substances pénalement répréhensibles dans la loi sur la circulation routière. Les services du NICC et du SPF Justice peuvent désormais poursuivre le travail afin de définir les spécifications des tests salivaires nécessaires et permettre ainsi ensuite l’ouverture du marché public pour leur acquisition, afin que les services de police puissent les utiliser sur le terrain. »

Source : VIAS